Association Historique de Mons-en-Baroeul. Active depuis 2000, elle rassemble plus de 150 membres. L'Association Historique de Mons en Baroeul organise des visite du fort de mons, des expositons et des publications

 

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TREVE HIVERNALE POUR LES VISITES DU FORT MACDONALD

Association Historique
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Mémoire vivante

 

Il y a 40 ans naissait la ZUP

Il y a 60 ans, une route : la départementale n° 14 de Lille à Roubaix - actuelle rue du Général de Gaulle, rue commerçante, quelques pâtés de maisons à proximité de Lille (maisons Pagnerre entre autres), de Fives, d'Hellemmes et autour de l'église Saint-Pierre. De là jusqu'au fort de Mons, des prés, des vaches et quelques fermes.

 

Le même jour, sous une tente, Henri Chomette présente la maquette de la Résidence Europe. Le préfet Pierre Dumont est au milieu et Félix Peltier, le maire de Mons de l'époque, sur la gauche.

La situation de cet espace d'une centaine d'hectares à 3 kilomètres de Lille ne pouvait qu'attirer les tentations. Par crainte de voir les terrains monsois en proie à une urbanisation sauvage, le conseil municipal prend la décision en 1959 d'y créer une Z.U.P. et l'arrêté ministériel en prend acte le 15 avril 1960.

 

LA VILLE A LA CAMPAGNE.

 

L'étude de création d'une « Nouvelle Ville » est confiée à Henri Chomette qui a l'avantage de connaître Mons en Barœul. Comme pour tout autre projet un programme est établi : l'emprise du terrain, la densité de l'habitat, la proportion entre le collectif et l'individuel, les équipements : mairie, écoles, collèges, espace culturel, bureaux, église, commerces... Les liaisons rapides avec les environs proches et l'ensemble de la région.

 

La « Cité » imaginée sur ces prairies mon-soises se conjugue autour d'un centre qui s'élève en hauteur : le cœur de la ville avec la mairie, les commerces et les bureaux de la résidence Europe, l'espace culturel, une église et la place du marché. D'autres immeubles collectifs, plus bas, sont prévus en bordure de jardins plantés en mails piétonniers, et des unités de voisinage à dominante d'habitations individuelles occupent les espaces libres. Donc un centre haut et structuré puis une diminution de volume et de hauteur pour arriver à une faible densité sur le pourtour. Les voies de communication et les mails piétonniers constituent des quartiers qui possèdent leur groupe scolaire et leurs petits commerces. Le plan est présenté à Pâques 1962, il comprend 4.000 logements.

 

LES TRAVAUX.

 

La concession d'exécution du projet est confiée à la Société d'Aménagement et d'Equipement du Nord. Les diverses zones sont partagées entre les organismes de construction (chacun avec un architecte différent), les promoteurs, les entreprises...

 

Le préfet Pierre Dumont pose la première pierre du futur "plus grand centre commercial du Nord". C'est le 16 mai 1968, alors qu'il se passe bien d'autres événements en France. L'architecte Henri Chomette est à gauche.

Les travaux démarrent en 1964. En 1967 commence la seconde tranche : 2 000 logements (une bagatelle... !). Le chantier tourne jour et nuit, les éléments de béton préfabriqués sortent de l'usine à une cadence accélérée. Nous sommes arrivés à l'époque de la construction industrialisée, de la préfabrication lourde, de la politique des grands ensembles : plus vite, plus haut, plus rentable...

 

Les premiers habitants sont là, mais pas les équipements. Ils seront réalisés en parant au plus urgent - groupe scolaire Concorde puisque des enfants sont arrivés. Nous sommes en 1969 et commence seulement ce qui était prévu pour être le cœur : la résidence Europe - les habitants ont déjà pris leurs habitudes ailleurs, travail et courses à l'extérieur...

 

La construction de la Z.U.P. se poursuit

mais l'esprit qui a inspiré sa conception est perdu.

 

En cours de réalisation, pour pouvoir rentabiliser les terrains, construire les équipements collectifs, la hauteur des immeubles est officiellement augmentée de 33 %, ce qui offre une surface de planchers plus grande au moindre coût... Plus tard on démolira... Le programme souhaité à l'origine par les édiles monsois prévoyait 75 % de logements individuels et 25 % en collectifs, à l'arrivée 20 % individuels et 80 % collectifs... Cherchez l'erreur... De 4.000 logements prévus au plan initial en 1962 on arrive avec tous les ajouts à 6.500 en 1975. La chaufferie centrale, la pyramide et la résidence de l'Europe sont les deux œuvres signées Chomette dans l'ensemble du plan. Que reste-t-il de la pensée initiale qui a guidé l'architecte dans l'établissement de son plan ? Le cœur voulu de la ville, la résidence Europe ne répond pas à l'attente. Parce qu'il a été construit trop tard ? Parce que la desserte n'a pas été réalisée assez tôt? Parce que d'autres aimants extérieurs, grandes surfaces, Euralille, ont été plus forts? Mais la potentialité est toujours là et avec le métro, la résidence Europe n'a pas dit son dernier mot pour prendre vraiment sa place dans la cité.

 

Le concepteur architecte du plan de la Z.U.P. de Mons n'est plus de ce monde, il a pu voir que ce qu'il avait pensé et dessiné n'a pas eu l'aboutissement qu'il espérait. Pour son projet, Henri Chomette s'est battu pendant les travaux, mais que pouvait-il seul contre tous? Auguste Perret, architecte, disait que la meilleure architecture était celle qui « semblait avoir toujours existé ». Les 4 tours de la résidence Europe sont maintenant devenues le signal reconnu de notre ville et nous pouvons en remercier leur auteur.

 

 

 

 

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